Dans le sillage des avancées internationales de l'ISPC, la France n'est pas en reste ! L'année 2026 marque un véritable tournant institutionnel pour la prescription sociale dans notre pays. De la reconnaissance ministérielle à l'intégration dans les parcours de soins territoriaux, voici les trois grandes avancées qui vont transformer notre approche de la santé sur le terrain.
1. Une reconnaissance officielle par le ministère de la Santé
Le 26 mars 2026, à l'occasion de la Journée internationale de la prescription sociale, le ministère de la Santé a publié un article fondateur intitulé : « Santé mentale : connaissez-vous la prescription sociale ? ».
Cette publication acte officiellement la démarche en France. Elle définit la prescription sociale comme une réorientation des patients vers des soutiens non médicaux (activités associatives, culturelles, sportives ou dans la nature) pour agir sur leur bien-être mental et rompre l'isolement.
Le ministère a par ailleurs validé le modèle de déploiement en France, qui repose désormais sur cinq piliers indissociables :
- Le patient : la personne accompagnée.
- Le soignant prescripteur : qui identifie les besoins sociaux ou l'isolement.
- L'agent de liaison :( link worker ) qui accompagne et co-construit le projet.
- L'activité communautaire : la ressource locale vers laquelle le patient est orienté.
- Le suivi des résultats et de l'impact : pour évaluer les bénéfices sur la santé et le bien-être.
2. Le rapport très attendu du Groupe de travail national (DGS)
L'officialisation ministérielle s'appuie directement sur les conclusions du Groupe de travail national sur la prescription sociale, piloté par la Direction générale de la Santé (DGS), réunissant divers experts, professionnels de santé et la Fédération française de psychiatrie.
Leur rapport final est sans appel : la prescription sociale est un levier de santé publique majeur. Le groupe de travail préconise une modélisation claire et le déploiement immédiat d'expérimentations sur les territoires, en s'appuyant sur l'exercice coordonné. L'objectif ciblé est précis : agir en amont sur les déterminants sociaux de la santé pour lutter contre l'isolement, l'anxiété, la dépression légère à modérée et les situations de précarité.
3. Une application concrète sur le terrain grâce aux CPTS
La grande force du modèle français en cours de structuration est son articulation avec le cadre réglementaire des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS).
Conformément à l'Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI), les CPTS ont pour vocation de rassembler les professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux d'un même bassin de population pour décloisonner les parcours de soins. La prescription sociale trouve ainsi sa place naturellement et légalement dans les financements de l'Assurance Maladie et des ARS via deux missions socles des CPTS :
- La Mission 2 (Parcours de soins coordonnés) : L'agent de liaison et l'orientation communautaire fluidifient la prise en charge des patients complexes ou isolés.
- La Mission 3 (Actions territoriales de prévention) : La prescription sociale permet de mener des actions personnalisées en s'appuyant sur les ressources associatives et sportives locales.
En conclusion : La dynamique est lancée. La reconnaissance par l'État et l'inscription dans les missions des CPTS offrent un cadre de financement et d'action inédit. Chez healthunited.care, nous sommes idéalement positionnés pour accompagner cette transition, faire le pont entre les soignants et les ressources communautaires, et porter ces expérimentations sur nos territoires !
